Vous êtes devant le Musée Colby-Curtis. Jadis la demeure de la famille Colby, communément appelé la maison Carollcroft, ce majestueux édifice est donné à la Société historique de Stanstead en 1992. Un fait intéressant à noter est que la Société historique de Stanstead est fondée en 1929, ce qui en fait une des plus anciennes sociétés d’histoire de la région.
Achevée en 1859, la construction de la maison est financée par le docteur Moses French Colby pour ses fils, Charles Carroll et William. Éventuellement, Charles Carroll Colby (dont « Carollcroft » tire son nom) et sa famille en deviennent les uniques occupants. Combinant des caractéristiques néo-classiques et italianisantes, la façade et les côtés sont en granit ; l’aile est en pierre des champs.
Le docteur Moses F. Colby est brièvement membre de l’Assemblée législative du Bas-Canada (1837-1838). Son fils Charles est membre du Parlement de 1867 à 1891. En 1889, il devient président du Conseil privé sous sir John A. MacDonald. Le fils le plus jeune de Charles C. Colby, John Child Colby, devient médecin comme son grand-père et éventuellement, maire de Stanstead Plain de 1923 à 1926.
Plusieurs générations de femmes Colby marquent aussi la communauté, incluant Harriet, épouse de Charles C. Colby, et Jessie Maud Colby, leur fille, qui passe l’essentiel de sa longue vie à Carrollcroft (elle meurt à 97 ans).
De nos jours, le Musée Colby-Croft présente des expositions temporaires et permanentes portant sur l’histoire locale et la vie quotidienne dans la maison, un salon de thé et des programmes éducatifs. Le musée est ouvert au public, sauf durant la saison très froide, soit du 20 décembre à la première semaine de mars. Les expositions du Musée rappellent la vie raffinée des occupants de Carrollcroft, et l’histoire de la région frontalière.
À gauche du musée se trouve la maison Frederick Amsden bâtie en 1846. Portant le nom de son premier propriétaire, un fabricant de selles et de harnais, cette splendide maison est remarquable par sa symétrie géorgienne et sa promenade de la veuve. La promenade de la veuve est une particularité architecturale propre à la côte de la Nouvelle-Angleterre, où l’on raconte que des postes d’observation sur les toits étaient utilisés par les épouses des matelots attendant le retour de leur mari. Lorsqu’un marin disparaissait en mer et que sa veuve s’entêtait à espérer, elle allait et venait sur sa « promenade ».