Vous êtes devant l’église de Saint-Honoré, un repère bien ancré dans le cœur du village. Mais saviez-vous que ce noyau religieux n’a pas toujours été ici ?
Au début, en 1863, les premiers colons s’installent bien plus au nord, près du lac Clair et du lac Charles — aujourd’hui le lac Grenon — dans ce qui deviendra Saint-David-de-Falardeau. La colonisation est lente, parsemée de clairières et de courage, mais soutenue par des curés de Charlevoix et de Chicoutimi qui forment des sociétés de colonisation pour appuyer les familles.
C’est à cette époque qu’apparaît la première mission religieuse, desservie par le curé de Sainte-Anne. Une chapelle en bois voit le jour en 1897 au lac Clair. On y prie, mais on y apprend aussi : le bâtiment fait office d’école pour les enfants du coin. Rapidement, les colons de Saint-Honoré trouvent la chapelle trop éloignée. En 1907, un nouveau lieu de culte est érigé plus près du noyau actuel, à l’intersection des rangs 7 et 8. En attendant, les messes ont lieu… dans les maisons des familles Côté et Petit !
Puis, en 1916, le village prend de l’ampleur. On abandonne la petite chapelle pour construire une véritable église en pierre, inspirée du style néoclassique si répandu au Québec à l’époque. L’architecte Alfred Lamontagne conçoit les plans, et André Fortin, entrepreneur local, dirige les travaux. Deux anges à la trompette sculptés par Louis Jobin viendront même orner l’intérieur, à la demande du curé Martel, premier prêtre résident.
Observez bien la façade de l’église : malgré les années, elle a conservé la majorité de ses éléments d’origine. Seule la toiture a été remplacée par de la tôle profilée. Sa position centrale dans le village rappelle l’importance qu’occupait autrefois la religion dans la vie quotidienne, bien avant la Révolution tranquille.
Aujourd’hui encore, cette église est bien vivante. Elle veille sur Saint-Honoré, témoin de ses racines profondes et de l’évolution de sa communauté.