Levez les yeux… mais pas trop haut, car aujourd’hui, les célèbres anges à la trompette de l’église de Saint-Honoré ne sont plus là-haut. Et pourtant, pendant plus de 100 ans, ils ont veillé sur le village.
C’est en 1916 que le curé Jean-Baptiste Martel commande ces deux sculptures à Louis Jobin, un des sculpteurs les plus réputés du Québec. En bois recouvert de feuilles de plomb dorées, les deux anges mesuraient environ trois mètres chacun, les ailes déployées et la trompette levée vers le ciel. Miroirs l’un de l’autre, ils encadraient la façade de l’église avec prestance.
Livrés en novembre 1916, ils ont trôné fièrement sur leur socle pendant presque un siècle. En 1978, leur valeur patrimoniale est reconnue par le gouvernement du Québec, puis classés officiellement en 2012. Leur restauration dans les années 80 remplace les ailes d’origine par de la fibre de verre, plus résistante, mais pas à toute épreuve…
Car le 23 décembre 2022, une terrible tempête s’abat sur la région. Les vents violents arrachent l’un des anges. Il s’effondre au sol, brisé en plusieurs morceaux. L’autre, encore debout mais fragilisé, est aussitôt retiré par mesure de sécurité. Depuis, les deux anges sont conservés précieusement par la municipalité de Saint-Honoré, en attendant qu’on décide de leur sort.
Alors, en passant devant l’église, imaginez-les. Deux géants célestes, perchés tout là-haut, qui soufflent leur trompette dans le vent, témoins silencieux d’un siècle d’histoire.