Nous sommes ici devant le tout premier presbytère de Saint-Honoré, construit en 1909, juste deux ans après la chapelle. Ce bâtiment modeste, mais chargé de sens, marque une étape cruciale dans la vie spirituelle de la jeune paroisse. À l’époque, c’est une exigence de l’évêque : pour obtenir un prêtre résident, la communauté doit fournir un toit convenable. Le défi est relevé par Thomas Simard, qui construit cette maison curiale sur le boulevard Martel.
Mais à peine huit ans plus tard, en 1917, le presbytère est abandonné au profit d’un nouveau bâtiment, cette fois situé à proximité directe de la nouvelle église. Plus pratique, plus central... mais laissant derrière lui cette maison pleine d’histoire.
Ce que vous observez aujourd’hui, c’est un bâtiment qui a traversé les époques. Il a d’abord été érigé dans le style traditionnel québécois, reconnaissable à sa toiture à deux versants, ses lucarnes et sa galerie en façade. Ce style, inspiré de l’architecture française, était encore bien présent au tournant du 20e siècle, juste avant que l’architecture vernaculaire américaine ne prenne le relais dans les campagnes québécoises.
Mais au fil du temps, le bâtiment a perdu de son cachet : fenêtres déplacées ou murées, porte modifiée, galerie disparue… En 2012, il ne restait plus grand-chose de son allure d’origine. Heureusement, des travaux de restauration patrimoniale lui ont permis de retrouver une partie de son âme. La galerie a été reconstruite avec soin, et les ouvertures ont été ramenées à des proportions plus fidèles à l’époque.
Prenez un instant pour observer les détails : le rythme des fenêtres, le profil du toit, les proportions simples mais bien équilibrées… Vous êtes devant l’un des témoins les plus anciens de la trame villageoise de Saint-Honoré. Un témoin discret, mais précieux.