Pour l’amour des fleurs : les serres Carl-Camirand
Non mais, quel site enchanteur, et quelle superbe greenhouse, n’est-ce pas!? Pardonnez-moi ici l’anglicisme… Souvent évoquée comme la serre victorienne du domaine, il faut ici apporter quelques précisions. Tout d’abord, lorsque Frederick G. Todd entreprend l’aménagement du domaine Howard, tout comme lorsque les architectes Audet et Turner dessinent les plans des bâtiments, la période victorienne est terminée depuis déjà plus de deux décennies. Alors non, la première serre du domaine, n’est pas victorienne. Edwardienne peut-être… mais est-ce si important comme étiquette?
Aussi, même si l’information usuelle de sa construction la situe en 1926 depuis plusieurs décennies, tout porte à croire qu’elle y est antérieure. En effet, dès la fin des années 1910, on retrouve des références à la greenhouse d’Howardene ou de Howard park dans les journaux locaux. Au début des années 1920, c’est la serre et la maison du jardinier qui y sont évoquées. On retrouve aussi plusieurs photographies de gens pausant devant la serre, avant le milieu des années 1920. Toutefois, on s’entend qu’elle est tout aussi importante pour le domaine, qu’elle soit âgée de 100 ou de 110 ans!
En plus de cadrer totalement dans le projet du domaine dans sa globalité, la « vieille » serre possède un lien architectural indéniable avec l’ensemble, notamment avec son solage de pierre qui rappelle distinctement les matériaux des résidences principales.
Pendant environ 25 ans, la production horticole de la serre est utilisée presque exclusivement pour embellir le domaine. En 1940, la Ville de Sherbrooke en fait l’acquisition et y installe les serres municipales. Une seconde serre, perpendiculaire au boulevard de Portland et dépourvue de valeur architecturale, est ajoutée en 1947. Durant des décennies, les installations font l’envie de bien des municipalités et produisent annuellement plus de 100 000 plants divers destinés notamment aux plates-bandes et aux mosaïques du territoire sherbrookois. Un héritage dont aurait sans doute été fière la mère de Charles, Helen Eloïsa Salls Howard.